La consultation du CSE est lancée

Le contexte
Notre CSE est consulté, à compter du 25 juillet, sur une remontée de fonds propres de 151 millions à BPCE-SA dans le cadre de l’opération « 4 milliards ». Celle-ci constitue l’une des premières briques du plan de marche « Vision 2030 » récemment présenté par Nicolas Namias, président du directoire de BPCE. La démarche consiste à diversifier nos activités par le biais d’acquisitions et de prises de participation dans des entreprises principalement européennes liées au secteur bancaire. Cette stratégie vise à combler, selon lui, notre retard vis-à-vis de la concurrence dans le domaine de la diversification géographique et économique. Elle permettra de développer nos leviers de croissance en bénéficiant des autres marchés européens.

Les chiffres clés
La remontée des fonds propres se fera en 2 temps : 94 millions début 2025 et 57 en fin d’année. L’impact sur le PNB sera de 15,3 M€ cumulé jusqu’en 2027. Nos dirigeants contrebalancent cette baisse avec le versement par BPCE de dividendes à hauteur de 5,7 M€ en 2026 et 9,3 M€ en 2027. Au final, le résultat net de la CEAPC connaitrait une perte de 2,7 M€ en 2025 et un gain de 1,3 puis 4,9 M€ les deux années suivantes. Concernant intéressement et participation, l’opération serait sans effet sur l’enveloppe à distribuer.

A noter que toutes ces données chiffrées, hormis les 151 M€, sont prudemment affectées dans la présentation de la mention « estimation ».

Le dossier
Les éléments remis au CSE permettent une bonne lecture du projet d’acquisition de SGEF à la Société générale. Pour autant, les élus SU-UNSA ont relevé un certain nombre de zones d’ombre pour lesquelles ils ont posé à la direction toute une série de questions précises.

Après avoir estimé que le recours à un expert, proposé par d’autres élus du CSE, pourrait éclairer notre lanterne, nous nous sommes ravisés et avons considéré que les réponses promises aux questions que nous avons posées seraient de nature à nous permettre de rendre un avis argumenté sur le projet. Au final, l’expertise libre votée par les autres élus aura lieu à la charge du CSE.                     

Les enjeux
Concernant le rachat de SGEF, qui d’ailleurs n’est pas global, nous notons l’absence totale d’éléments relatifs aux aspects sociaux et humains. Notre crainte étant, bien évidemment, que la reconstitution des fonds propres impacte les conditions de travail, notamment du fait de la nécessaire amélioration de la rentabilité pour y parvenir. Si nous convenons qu’il peut être délicat d’apprécier en l’état ce domaine, nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet quand le POS (plan d’orientation stratégique) de la CEAPC sera présenté et débattu. C’est là que nous pourrons avoir du poids, toujours dans l’optique de protéger les salariés déjà beaucoup trop exposés à la pression commerciale.

Pas de blanc-seing
Dernier point et pas des moindres, l’absence de précision sur la destination de l’enveloppe globale de 4 Md€. Si le rachat de SGEF pèse pour 1,3 Md€, pour le reste, 2,7 Md€ ( !), il est évoqué la participation de BPCE dans une banque de détail portugaise et une soulte qui restera à BPCE pour mener d’autres opérations. Si le SU-UNSA ne s’oppose pas par principe à des opérations de croissance externe, ses élus ne peuvent accepter que cela puisse se passer sans consultation des CSE, ce qui revient à donner un blanc-seing.

Christine Joliey
Elue titulaire au CSE
Délégué syndicale centrale
SU-UNSA